Le Mélèze… ses forces vitales domptent les conditions les plus hostiles

Parc National du Mercantour
24 novembre 2018 par
Madame, Administrateur

Quand l'olfaction enrichit la pharmacologie

De retour d’un périple qui nous a vu sillonner le Parc national du Mercantour dans les Alpes de Hautes Provence, je ne peux m’empêcher de partager mes investigations personnelles sur ce conifère singulier caractérisant ce biotope : Larix decidua Mill.

Sous-embranchement des gymnospermes (leurs graines sont nues), les conifères ont colonisé le continent bien avant l’avènement des plantes à fleurs. 300 millions d’années plus tard, dans les couloirs d’avalanche de caillasse faisant la beauté minérale et sauvage du Mercantour, le Mélèze est le premier bois à dompter la pierre, protégeant les randonneurs des glissements de terrain par la puissance de leurs racines sur ces pentes abruptes. Cette exceptionnelle aptitude lui vaut la réputation de pionnier de la forêt car ses aiguilles caduques recouvrent la roche de la matière organique nécessaire à la forêt.

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Le Mélèze se distingue encore par une capacité hors normes à supporter des aléas climatiques propres à la haute altitude et des conditions d’existence extrêmes telles des écarts de température diurne et nocturne de plus de 40°C. Il semble même n’avoir aucun besoin organique, pouvant supporter de longues périodes de privation hydrique comme si seule la lumière lui suffisait.

L'homme et le Mélèze, une longue histoire
Outre son intérêt comme bois d’œuvre pour bergers et montagnards, le Mélèze a fourni plusieurs drogues dont la célèbre térébenthine de Venise et la manne de Briançon, riche en sucre, le mélézitose, qui put servir de nourriture en cas de famine ou pour divers usages médicinaux comme des propriétés cicatrisantes à l’instar du miel. (Miel et Mélèze ont une même racine étymologique)

Aujourd’hui, ce seigneur de la montagne nous offre une huile essentielle relativement rare et précieuse au regard de ses confrères conifères. Sa composition présente une majorité de monoterpènes (>70%) caractéristiques des pinacées, ainsi que des esters que nous retrouvons dans l’Epinette noire ou le Pin de Sibérie et une dizaine de % de molécules plus lourdes, sesquiterpènes, diterpènes et sesquiterpénols. Notons la présence de molécules aromatiques remarquables telles diverses cétones comme carvone et verbénone qui complètent ses propriétés respiratoires, l’estragole qui potentialise ses propriétés antalgiques et le manool qui lui confère un tropisme génito-urinaire à confirmer.

Propriétés pharmacologiques
Ses propriétés pharmacologiques principales restent cependant classiques pour un conifère : décongestionnant broncho-pulmonaire, stimulant de l’axe hypophyso-surrénalien avec une action tonique du système nerveux central et une action anti-inflammatoire ostéoarticulaire de type cortisonique.

Sa composition biochimique ne présente pas de particularités exceptionnelles et ses propriétés pharmacologiques sont comparables à celles de conifères moins chers sur le marché de l’aromatologie. Du point de vue légitime de confrères défendant une aromathérapie dite scientifique basée sur l’activité palliative et symptomatique de ses principes actifs, cette huile essentielle présente peu d’intérêts au regard se son coût. Les limites de cette approche sont évidemment celles de l’allopathie qui en a inspiré les principes : effets secondaires et déplacement de la symptomatologie.


L’Huile Essentielle ne serait-elle pas plus que l’activité pharmacologique de molécules connues ?

De toute évidence, l’inhalation attentive de cette essence nous dévoile une subtilité, une finesse et une profondeur singulières. Si sa composition peut paraître commune, ses effluves ne le sont pas.
Est-ce que ce parfum unique ne serait pas porteur d’une activité négligée par une approche stéréotypée de l’aromathérapie ?

Il y a 30 ans, Philippe Mailhebiau ouvrait de nouveaux champs d’investigation en publiant un travail d’observations personnelles minutieuses sur l’influence psychosensorielle des essences sous le concept de la caractérologie des essences. Cette approche systématisait l’influence connue des récepteurs olfactifs sur des zones cérébrales dites limbiques, siège de notre vécu émotionnel, sans oublier les structures hippocampiques de leur mémorisation. Notons également au passage l’excellent travail de Christian Escriva qui invite à observer les réactions psycho-émotionnelles et physiologiques sensibles lors de d’une olfaction attentive d’une essence en état de relaxation ou encore l’approche émotionnelle de l’olfaction au service du développement personnel par la naturopathe suisse Lydia Bosson ou Gilles Fournil.

Plus récemment, soutenu par des passionnés curieux comme le biochimiste Jean-Marie Delwart, des sociétés belges telles Chemcom et DiaSense travaillent à mettre au point les premiers médicaments basés sur l’activation de récepteurs olfactifs naseaux ou ectopiques (récepteurs olfactifs présents à la surface de la peau, des spermatozoïdes, des reins…) afin d’obtenir un effet physiologique précis en cancérologie, diabétologie, immunologie, etc.

Pour être complet, il est probable qu’un autre niveau d’activité plus difficile à investiguer soit mis en jeu : le niveau informatif dont les médecines traditionnelles avaient jetés les bases et que les développements scientifiques modernes permettent de ré-investiguer sous l’éclairage des théories de l’information et d’une nouvelle compréhension de l’organisation de la matière grâce au concept des quanta, ouvrant la voie de la physique quantique, malheureusement souvent évoquée à tort et à travers pour crédibiliser nombreux discours nébuleux.

Nouveaux horizons thérapeutiques
Cette digression permet d’envisager de nouveaux horizons thérapeutiques pour cette belle essence dont l’olfaction en état de relaxation semble stimuler l’idéation en induisant un sentiment de clarté et une vision apaisée des aléas de l’existence. La stimulation hypophyso-surrénalienne connue des conifères semble ici impliquer particulièrement l’épiphyse, glande endocrine dépendant à l’instar du Mélèze de la lumière pour la sécrétion de la mélatonine impliquée dans la régulation de l’humeur et du sommeil. Notons que cette dimension ne prend tout son sens que quand elle est intégrée à la symptomatologie somatique.

L'approche analogique
Une observation analogique des caractéristiques de l’arbre permettra un choisir ce remède parmi d’autres conifères proches. Rare conifère caduc avec le Cyprès chauve et le Ginkgo (ils perdent leurs aiguilles l’hiver tels les feuillus), il stimule le système nerveux central avec cette information particulière de pouvoirs se mettre à nu, se remettre en question lorsque l’on reste attaché par peur à une situation, une personne et passer de grands caps avec une plus grande facilité à se renouveler. Sa capacité à vivre dans des conditions extrêmes en fera un remède de choix pour ceux qui doivent survivre aux orages de la vie et à une pression extrême de l’environnement.
Une huile essentielle qui accompagnera notre chemin en nous aidant à habiter notre vie avec la lucidité épiphysaire et la force surrénalienne.

Voyez-le à l’œuvre… l’observation vaut mieux que mon discours
Avec toute ma sympathie




 

Madame, Administrateur 24 novembre 2018
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